Madère : Un air de Printemps en Hiver
En ce mois d'avril glacial, il aura suffit de regarder un reportage sur Madère, pour prendre nos billets pour l'île au printemps éternel. En quelques minutes j'ai trouvé des vols au départ de Genève à moins de 130 € (pour 2), envoyé un mail au club de plongée Azul Diving (qui était dans le reportage), réservé une voiture et une chambre d'hôtel à Funchal.
Au total : 800 € pour 5 jours du mardi 10 au samedi 14 décembre 2024. Une parenthèse printanière avant les fêtes de Noël et la saison de ski.
7 Juin : Changement de programme !!!. Un mail d'Easy-Jet m'informe que notre vol aller est annulé. Je modifie donc notre départ du mardi au samedi, ce qui nous fait passer une semaine complète sur l'Île. Je réserve 3 nuitées de plus (ce qui augmente notre budget de 420 €) et me replonge dans un nouveau programme.
Samedi 7 Décembre
Vol Genève > Madère (13:55 - 16:45)
11h15, nous quittons la maison au moment même où la pluie se met à tomber. Midi, la voiture est déposée chez Civapark. Midi 10, nous sommes au Starbucks de l'aéroport pour prendre notre habituel café avant les contrôles de sécurité. Autant vous dire que nous ne sommes pas en retard ! Pas comme notre avion qui décolle 45 minutes après l'horaire prévu ...
Nous voyageons à bord du Néo le dernier né d'Airbus, et je dois dire que je ne suis pas déçue. Des sièges confortables, de l'espace ... nous passons un vol agréable animé par quelques turbulences. Après 3h40 de vol, nous arrivons sur les côtes de Madère et son fameux aéroport construit sur les bords de l'océan. L'avion dessine un cercle pour se mettre face au vent et atterrit en douceur sur la courte piste. Tout le monde applaudit (ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu applaudir dans un avion !).
Comme nous sommes à l'avant de l'avion, nous sortons parmi les premiers et arrivons en tête pour prendre notre voiture de location. J'avais bien fait le « Quick Pass », mais nous faisons quand même la procédure de location au guichet. Je n'ai pas compris mais comme la fille était très sympa on n'a pas râlé !
Nous récupérons une Fiat 500 Cabrio (pas très adaptée mais qu'on adore !). Nous sommes tout de suite impressionnées par ces forêts de pylones en béton sous lesquelles nous roulons. Les ouvrages routiers sont spectaculaires ! Nous « grimpons » au Porto Bay Serra Golf à une quinzaine de minutes de route. Je dis bien grimper car les routes filent droit dans la pente ! La température est douce, la végétation est tropicale ... On pourrait penser que nous avons changé de continent.
18h15, nous prenons notre jolie chambre et profitons de la piscine et du sauna avant un bon dîner au restaurant de l'hôtel.
Dimanche 8 Décembre
Belvédères et Piscines (Côte Nord)
7 heures, nous ouvrons un oeil (la grasse mat' pour nous, d'autant que nous avons 1 heure de moins par rapport à la France) et pourtant dehors c'est la nuit noire. 8 heures, les premières lueurs du jour apparaissent enfin et on se rend compte que nous sommes ... en Bretagne ! Brouillard, crachin, vent, tout y est !
Frank semble omnubilé par cette météo, mais c'est connu, sur les îles, si tu n'aimes pas le temps qu'il fait, change de Côte ! Après un petit déjeuner copieux, nous quittons donc le côté Est de Madère pour longer la Côte Nord et nous prenons la route sous une pluie battante. Les voies sont toujours aussi raides et, en plus, elles sont entrecoupées de tunnels, beaucoup de tunnels ! Miracle, dès le premier passé, la pluie cesse. Nous arrivons à Santana réputée pour ses maisons traditionnelles. Le village est désert, nous prenons une photo et repartons en direction de l'Ouest.
À São Vincente, quelques rayons de soleil viennent éclairer les parois vertigineuses des montagnes et nous faisons une pause pour admirer cette côte déchiquetée par l'océan. Au loin, le village de Seixal est comme une tâche de couleur sur ces pentes volcaniques.
Les paysages défilent toujours aussi semblables. Une nature brute ... voire brutale ... merveilleusement belle ! À Seixal, nous sommes au paroxysme de l'expression de cette nature sauvage. Plages noires, océan déchaîné qui se fracasse sur les digues, falaises vertigineuses : le spectacle est hypnotisant. Seules quelques piscines naturelles apportent une note de sérénité au milieu de cet environnement presque hostile, que quelques rares baigneurs semblent narguer. Nous restons là près de 2 heures à observer ce magnifique spectacle.
Nous poursuivons notre itinéraire jusqu'à Porto Moniz en faisant un petit stop à Ribeira da Janela où se dresse un impressionnant pic volcanique. Ah, on change d'atmosphère : depuis ce matin nous avions l'impression d'être les seuls touristes de Madère mais nous voilà rassurés. Nous tournons un peu pour trouver une place de parking et descendons en direction des piscines naturelles qui font la réputation de ce village.
Bon, après avoir vu celles de Seixal, on est presque déçus. Ici, tout est beaucoup plus artificiel. Vu le monde, on décide de prendre une pause déjeuner. Nous commandons un mixte de poissons pour 2 et, quand le plat arrive, nous sommes ahuris ! Mais comment va-t-on faire pour manger tout ça ??? Nous avons sous nos yeux le poisson sous toutes ses formes : en darne, en filet, en entier. Quelques gambas, des moules, du riz, des pommes de terre en accompagnement : les portions sont généreuses. Nous prenons notre temps et laissons le plat ... vide !
Nous faisons une balade digestive sur les chemins qui entourent les piscines. Nous observons les crabes rouges qui s'offrent un jacuzzi dans les cascades d'eau, et les crabes noirs qui font une séance d'escalade sur la roche. Vers 15 heures, nous quittons Porto Moniz pour rejoindre la Côte Sud par la forêt de Fanal. Au départ j'avais prévu une nuit ici mais Adrien me l'avait déconseillée et j'ai bien fait de l'écouter.
Les piscines naturelles de Porto Moniz
Il existe 2 complexes :
Piscinas Naturais do Porto Moniz
Lorsqu'on parle des piscines naturelles, ce sont souvent celles qui sont mentionnées.
→ Elles sont moins naturelles. La zone a été transformée en un complexe de lido.
→ Les rochers ne sont pas tranchants
→ Il y a des parties moins profondes
→ Grande surface pour les bains de soleil
→ La température moyenne annuelle de l'eau se situe entre 20 et 21º C.
Piscinas Naturais do Aquario / Valhas / Cachalote - les piscines plus photogéniques et moins transformées.
Il n'y a pas de panneau avec le nom officiel.Le site web de la ville les appelle les piscines naturelles de l'Aquarium, ainsi que celles de Cachalote, avec le nom du restaurant Cachalote situé à proximité.
→ Il y a plus de roches volcaniques
→ Il y a moins de constructions autour d'elles
→ Elles sont près de l'îlot Ilheu Mole
→ Elles sont très photogéniques
→ Il y a des piscines longues et profondes qui sont parfaites pour se baigner.
De nouveau, nous attaquons les routes qui grimpent « Dré dans l'pentu » et notre pot de yaourt peine toujours autant dans les montées. Pour rajouter au plaisir, des nappes de brouillard nous enveloppent par rafales puis se stabilisent réduisant notre champ de vision à une dizaine de mètres. Ce matin nous sommes partis de Bretagne, pour rejoindre l'Islande et maintenant nous sommes dans les vertes contrées Irlandaises !
Nous arrivons enfin dans la Forêt de Fanal : c'est facile de la repérer, les parkings sont quasi pleins. Je n'ose pas imaginer en pleine saison touristique. J'ouvre la portière de la voiture, je pose un pied, puis deux ... et j'ai déjà envie de me réfugier à l'abri du vent et de la bruine. Une photo du panneau de Fanal pour nous rappeler que nous sommes passés ici et nous filons vers le Sud.
Les paysages évoluent, la météo aussi ... nous avons à nouveau changé de pays. La végétation est luxuriante même si Frank trouve que j'exagère quand je lui dis que les feuillages sont verts fluo. Le soleil est revenu et il chauffe. Nous approchons de notre destination finale : le Socalco Nature Calheta.
Waouh ! Mais que c'est beau ! L'hôtel est posé au milieu des vignes qui surplombent l'océan. Le calme, les odeurs, la vue ... tout est parfait ! Le propriétaire nous informe qu'il nous a surclassés dans une suite et, là encore, nous sommes gâtés. Un véritable écrin de luxe pour nos 2 prochaines nuits.
Lundi 9 Décembre
Du Haut des Falaises (Côte Ouest)
Ah mais que ça fait du bien de se réveiller et de voir la lumière du jour ! Il est 7h30 (encore une grasse matinée...) et l'océan scintille déjà sous les rayons du soleil. Nous descendons tranquillement pour le petit déjeuner qui est un plaisir pour les pupilles et pour les papilles. Nous prenons notre temps avant d'aller explorer la Côte Ouest de l'Île et ses fameux belvédères.
Nous prenons la route et les premières gouttes de pluie qui s'écrasent sur notre pare-brise ne nous effraient plus. Maintenant nous savons qu'il suffit de traverser un tunnel pour que le soleil réapparaisse ! Notre premier arrêt est pour le phare de Ponta do Pargo situé point le plus occidental de l'île. Après quelques détours périlleux, nou arrivons à destination et c'est vertigineux ! Nous sommes au sommet d'une falaise de 290 mètres de haut, qui offre des vues sur toute la zone côtière environnante avec ses falaises imposantes. Je me hasarde à quelques pas mal assurés sur ce promontoire. La vue est époustoufflante.
Au loin nous distinguons un hameau posé sur une plage noire qui nous intrigue. Nous décidons de longer la côte avec l'espoir de découvrir ce village. Un coup d'oeil sur Google Maps et nous voilà repartis sur des routes toujours aussi escarpées jusqu'au Miradouro Boa Morte. Depuis la petite chapelle partent des sentiers de randonnée, mais nous nous contentons d'aller jusqu'au petit balcon qui surplombe l'océan. Le vide est toujours aussi spectaculaire !
Notre poursuivons notre trajet en direction du fameux village d'Achadas da Cruz et là, c'est vraiment saisissant. 400 mètres plus bas, coincés entre l'océan et la falaise, vivent environ 160 habitants. Pour accéder à ce hameau, il y a un « teleferico » ... disons plutôt une télécabine, qui descend à flanc de falaise avec un taux d'inclinaison de 98% ! Quand je regarde ce bout de câble qui tombe dans le vide ça me fait froid dans dos. Heureusement, il est en panne et nous ne tenterons pas l'expérience de cette descente vertigineuse.
La pluie s'est à nouveau invitée ... nous filons à Paul do Mar où nous retrouvons quelques rayons de soleil . Le village est calme, pour ne pas dire morose, et la visite est rapide. Nous nous installons au Sabor Amar-Fish Factory, un restaurant de ... poissons. Frank choisit une baliste cuite au feu de bois, et je me décide pour un poulpe. Comme d'habitude, le service est chaleureux et les assiettes sont copieuses. Nous avons fait le plein d'énergie pour poursuivre nos visites.
Notre prochaine étape est pour Jardim do Mar, un très joli village. Nous prenons le temps d'arpenter ces jolies ruelles pavées, bordées de belles maisons qui dominent l'océan. Frank ne cesse d'admirer la qualité des constructions. C'est vrai qu'ici, comme dans toute l'île, tout est soigné. Les peintures sont impeccables, les jardins sont entretenus et l'oeuvre des embruns ne se voit pas sur les murs exposés aux vents qui soufflent souvent à Madère. Nous prenons beaucoup de plaisir à nous balader même si les escaliers qui nous ramènent au parking nous paraissent de plus en plus raides !
Jardim Do Mar : Situé entre Calheta et Paúl do Mar, « Le jardin de la mer » séduit par son lacis de ruelles en pente, bordées de maisons entourées de jardins clos par des murs en pierre, d’où exhale le parfum des frangipaniers, des bougainvilliers et autres arbres fruitiers. Totalement piétonnier, le village se prête à la balade dans une ambiance paisible.
Fin de journée, nous rejoignons Calheta. Comme à notre habitude, nous faisons quelques achats au supermarché pour nous rendre compte du niveau de vie global. Les prix sont équivalents à ceux que nous avons en France, sauf pour les fruits et les légumes qui sont exorbitants ! Je suis sidérée de voir le kilo de bananes à 7 € (alors que l'île est couverte de bananeraies !).
Après cette parenthèse shopping, nous profitons de la piscine (dont l'eau est très fraîche) avant de déguster notre dernier dîner ici.
Mardi 10 Décembre
La Côte Sud côté Montagnes
Ce matin nous nous hâtons avec lenteur ... nous ne sommes pas spécialement pressés de quitter ce petit paradis ! Nous prenons le temps de savourer notre petit déjeuner, nous paressons un moment sur la terrasse, nous admirons encore une fois la vue ... mais il faut se résoudre à reprendre notre route.
J'ai réservé nos plongées pour demain et c'est la seule journée que nous avons pour profiter des hauteurs de Madère avant de rejoindre Funchal.
Notre premier stop se fait à Cabo Girão. Des voitures et des cars en pagaille ... nous sommes sur l'un des spots les plus connus de Madère ... Avec ses 580 mètres de hauteur, il s'agit d'une des falaises les hautes d'Europe. Nous prenons nos tickets (4 € pour 2) qui donnent accès au « pas dans le vide » et son magnifique panorama. Á nos pieds, s'étalent des cultures très photogéniques. Quelques photos et nous prenons un peu plus d'altitude en direction de Curral das Freiras.
La Vallée Des Nonnes
Curral das Freiras signifie "ferme des soeurs". La création du village date de l'âge de la piraterie. En 1566, l'île se fait attaquer par le pirate français Bertrand de Montluc qui débarque à Funchal. L'histoire raconte que les religieuses du couvent de Santa Clara sont parties se réfugier dans l'île, au coeur d'une vallée difficilement atteignable par les pirates : la désormais nommée vallées des nonnes, parfois traduite vallée des soeurs. A ce titre, l'église Notre-Dame de la Délivrance constitue le patrimoine historique unique de la vallée des Nonnes.
Bon, on va être clairs, le village en lui-même (pourtant très touristique) ne nous emballe pas plus que ça. En revanche, les imposantes montagnes qui le dominent sont majestueuses. Perché sur la plus haute d'entre elles, nous distinguons un hôtel qui semble en équilibre dans le vide. Il s'agit du point de vue d' Eira do Serrado. Vous l'avez compris, nous embarquons dans notre Fiat 500 pour prendre, nous aussi, de la hauteur.
Bien-sûr, la route est raide mais en plus, elle est étroite ... très étroite ... et encore plus étroite quand on se retrouve face à un car ! Frank passe la marche arrière pour se garer le long de la falaise et laisser passer le car mais la manoeuvre reste délicate même avec une petite voiture. Devant nos braquages et contre-braquages inefficaces, le chauffeur décide de prendre les choses en main et entame une marche arrière en plein virage. La place se dégage. Vous savez quoi ? On se sent un peu c...
Nous atteignons enfin le sommet (1 080 mètres) et là, c'est « Waouh ! ». Sur notre gauche, la mer éclairée par le soleil. Sur notre droite, les montagnes coiffées de nuages, et, 600 mètres plus bas, niché dans son écrin, Curral das Freiras et ses petites routes sinueuses. Pour les plus sportifs (ou les moins paresseux), une ascension de 2,6 km relie la vallée au belvédère via le petit chemin Caminho das Voltas (avec des dénivelés pouvant atteindre 30% !).
Cette randonnée ne sera pas pour nous ! Nous poursuivons donc notre montée au coeur de Madère en direction du Pico do Arieiro le 3ème point culminant de l'île (1 818 mètres). Depuis le début, je le dis et le répète, les routes sont raides ! Là, on passe un cran au-dessus (oui, je ne pensais pas que c'était possible !). Frank n'ose même plus passer la seconde de peur de caler ! Mais ils sont où, mais ils sont où les montagnards lalala lalala ... c'est vraiment la seule chose qui me vient en tête durant la montée. Et tout ces efforts pour arriver dans la poisse ! Demi-tour sur le parking, destination : Funchal.
Randonnée Pico do Arieiro à Pico Ruivo (PR1) :
L'intinéraire long de 14 km aler / retour est l'une des randonnées les plus impressionnantes de Madère. Elle relie le Pico do Areeiro (1817m) au Pico Ruivo (1862m), les 3ème et 1er sommets de l'île.
Les sommets sont pointus et les falaises tombent tout droit autour de vous. La vue sur les côtes de l'île est superbe.
Techniquement, il n'y a pas de difficulté de marche. Il y a un chemin bien entretenu et des câbles pour aider à franchir les falaises.
Cependant, il y a quelques escaliers raides qui montent et descendent tout au long du parcours.
Il n'est pas non plus recommandé aux personnes souffrant de vertige.
Heureusement des alternatives plus courtes sont possibles avec une balade d'1h à 1h30 aller-retour vers Ninho da Manta et Pedra Rija. Il existe également une courte marche vers un autre point de vue à droite de l'oservatoire - en 10min nous pouvons atteindre Miradouro do Juncal avec des vues sur la crête et vers la mer - par temps clair, on peut voir la queue de Madère, Ponta do Sao Louranço.
Le soleil réapparait, la température augmente (nous passons de 5° à 20°) et Funchal se dessine sous nos yeux comme un amphithéâtre érigé pour admirer l'Atlantique.
14 heures, nous trouvons sans difficulté le Quinta Da Penha De Franca où nous posons notre valise pour 4 nuits. Après le Socalco Nature, on change de gamme. L'hôtel n'est pas exceptionnel mais il abrite le club Azul Diving avec lequel nous allons faire toutes nos plongées. On s'accommodera donc du manque de charme de notre chambre. Nous avons de l'espace, c'est propre, et, entre l'océan et notre terrasse, il y a une piscine ... on ne va quand même pas se plaindre.
Un repas vite ingurgité au restaurant de l'hôtel (là aussi, on a baissé en gamme !) et on part découvrir la capitale de Madère. J'aime immédiatement cette ville. Je retrouve ici un petit air de Lisbonne en plus aéré. Les parcs sont superbes, les trottoirs en mosaïque sont une invitation à la flânerie, et les décorations de Noël réveillent mon âme d'enfant.
Nous terminons cette journée dans un petit restaurant qui n'a rien d'exceptionnel mais où nous sommes accueillis avec toute la gentillesse de la patronne. Depuis que nous sommes ici, je trouve que toutes les personnes que nous rencontrons sont sympathiques. Nous apprécions cette chaleur discrète (qui me rappelle la Sardaigne) et l'effort fait à chaque fois, de nous glisser quelques mots en Français.
Mercredi 11 Décembre
Plongées dans la Réserve Naturelle de Garaujo
Première journée de plongée à Madère. L'île est souvent décrite comme un jardin suspendu au-dessus de l'océan mais ses charmes ne sont pas seulement à la surface. 8h30, nous sommes au Club, équipés et prêts à chausser nos palmes. On nous emmène jusqu'à l'embarcadère pour nos 2 premières plongées dans la réserve naturelle de Garajau.
Créée en 1986 afin d'empêcher la désertification des fonds marins, la réserve naturelle de Garajau est devenue l'un des lieux les plus emblématiques de l'archipel pour les amoureux de la vie sauvage. Ce n'est pas un hasard si c'est l'un des endroits les plus appréciés pour la plongée, que ce soit des professionnels ou des amateurs.
Parmi la vaste faune que l'on peut observer à Ponta do Garajau, on trouve des espèces telles que le mérou brun (Epinephalus guaza), la raie manta (Manta birostrise) ou le diable de mer méditerranéen (Mobula mobular).
Nous sommes 9 sur le bateau, soit une palanquée de 5 et une de 4 organisées en fonction de ... ? Ben on ne sait pas ! Le jeune instructeur Français qui est avec nous est dans l'autre palanquée (alors que nous sommes de niveau similaire). Allez, c'est parti. Un pas en avant et c'est le plongeon dans une eau à 21°. J'attendais le petit filet d'eau froide qui coule dans le dos, mais rien : je suis surprise par les bonnes sensations.
Un signe OK et on s'enfonce dans le bleu. Aïe, mes oreilles ont du mal à passer. Ça fait une semaine que je suis enrhumée et la descente vers le fond me le rappelle. Je monte, j'attends que ça passe et je redescends. Puis je remonte, je patiente, je descends à nouveau, je fais une manoeuvre de Valsalva puis une autre ... C'est la première fois que ça m'arrive depuis que je plonge ! Je descends encore, ça force un peu puis plus rien. Ouf, c'est passé et je peux enfin me concentrer sur toute la faune qu'il y a autour de nous.
Une plongée sur Arena, une seconde sur Praia : nous ne sommes pas déçus par la qualité des fonds marins. La vie est partout. Après un repas et une douche qui font du bien on se retrouve pour la plongée de l'après-midi : l' Épave de la Corvette F488. On se régale ! 17 heures, on rentre au port et on doit aller attraper la navette du Club à l'arrêt de bus. Est-ce que je vous parle de la mine ahurie des passants qui nous voient sur le trottoir en combinaison de plongée ? Non, je vous laisse imagniner, et on essaie de faire comme si tout était normal.
Fin de journée, nous sommes cuits. Heureusement on trouve un petit restau très local (Bernini) pas trop loin de l'hôtel. Avec toutes ces rues en pente, on a juste envie de se poser et de boire un petit vin blanc de Madère.
Jeudi 12 Décembre
Funchal de Bas en Haut
Après nos 3 plongées d'hier, on range les palmes et on enfile les baskets. Notre 1ère visite est pour le fameux Mercado dos Lavradores. Notre hôtel étant bien situé, il ne nous faut pas beaucoup de temps pour y arriver. Malheureusement, beaucoup de stands sont fermés et le marché des poissons est bien vide. On reste un moment à observer un pêcheur qui prépare un sabre noir pour un de ses clients puis nous quittons les lieux. Après tout ce que j'avais lu dans les guides, c'est un peu la déception.
Le bâtiment, conçu par Edmundo Tavares, présente une architecture typique de l'Estado Novo. Sa taille et son emplacement reflètent l'intention de faire du Mercado dos Lavradores le grand centre d'approvisionnement de la ville. La façade, la porte principale et la poissonnerie sont ornées de grands panneaux de carreaux de 1940, provenant de l'usine Faiança Battistini de Maria de Portugal, peint avec des thèmes régionaux par João Rodrigues.
Nous continuons notre balade en longeant les bords de l'Océan. En cette saison, quelques personnes profitent de la douceur de ce mois de décembre sur la plage de galets noirs de Funchal. Nous passons devant le fort (bien défraîchi par les embruns de l'océan) et arrivons en haut de la Rua Santa Maria. On s'asseoit quelques instants sur un banc qui surplombe le port. Nous attendons le départ d'un paquebot ... qui sera toujours là en fin de journée ! Midi, nous descendons la Rua Santa Maria, une ruelle étroite qui offre de jolies portes décorées (entre 2 terrasses de restau !).
Nous rentrons à l'hôtel pour une pause déjeuner et un bon soin des ampoules qui commencent à apparaitre à l'arrière de mes pieds.
Après cette pause bien appréciée, nous filons vers le téléphérique pour prendre de la hauteur (18 € / personne l'aller-retour). En 15 minutes nous arrivons à l'entrée du Jardin Tropical du Monte Palace. Je prends les billets d'entrée et, au moment où nous passons les grilles du parc, nous sommes surpris par une averse ... tropicale ! On ne l'a pas vue venir celle-là et, à 15 € / personne le ticket ça fait quand même ch... On s'engouffre dans l'exposition de pierres en espérant que les conditions s'améliorent (comme vous le savez, la météo change vite ici).
Bingo ! 30 minutes plus tard, la pluie a cessé et le ciel se dégage. Nous pouvons profiter de ces magnifiques jardins. Nous sommes en hiver, et j'imagine qu'au printemps ça doit être spectaculaire. Nous passons une bonne heure à déambuler dans les allées : forêt de bambous, dragonniers, cascade, statues chinoises, flamants roses fluos (oui oui) ... la diversité botanique est un vrai voyage à travers les continents.
Son histoire remonte au XVIIIe siècle, lorsque Charles Murray, consul anglais, a acheté la propriété, située au sud de l'église de Monte, et l'a transformée en une quinta. En 1897, elle a été achetée par Alfredo Guilherme Rodrigues, qui y a construit une résidence palatiale, transformée plus tard en un hôtel nommé « Monte Palace Hotel ».
Ce soir, on se trouve de nouveau un restau TRÈS sympa à quelques rues de notre hôtel (Casa Velha Restaurant). Au menu, tournedos pour Frank et linguine aux St-Jacques pour moi. Ambiance chic / décontractée, service impeccable : on apprécie l'endroit. Tout comme le couple d'écossais assis à côté de nous ! Ils entament la conversation et, sans doute emballés par notre anglais impeccable , ils ne nous lâchent plus. Nous arrivons enfin à nous échapper et partons pour le marché de Noël à la recherche de Pasteis de Nata. J'ai beau dire à Frank que c'est une spécialité de Lisbonne, il n'en démord pas. Après avoir fait toutes les boutiques ouvertes de Funchal, nous rentrons à l'hôtel ... les mains vides.
Vendredi 13 Décembre
Jour de Chance
On met de côté que nous sommes un Vendredi 13, et repartons pour une matinée plongées. Bonne nouvelle, ce matin nous ne sommes que 3 plongeurs (nous 2 + le jeune français instructeur de plongée à Corfou). Nous avons donc le choix des sites. Euh ... on fait comment quand on ne connait pas ? Notre dive master nous conseille Blue-Hole. Ça tombe bien, je rêve de plonger sur le Blue Hole depuis quelques années ... Mais avant de faire celui du Bélize, on va découvrir celui de Madère. L'avantage quand on est peu nombreux, c'est que tout est plus fluide. On s'équipe rapidement, on se met à l'eau tout aussi vite et on suit notre guide qui cherche l'entrée du Blue-Hole. Après quelques tours et détours, nous arrivons devant une petite grotte tapissée de bancs de poissons qui semblent ruisseler le long des parois. C'est juste magnifique et on prend bien notre temps avant de sortir de cet aquarium.
Pour notre seconde plongée nous retournons sur le site Praia où nous étions allés le 1er jour. Bloc ouvert, masque sur le visage, saut expéditif, mise en eau négative. En un temps record, nous sommes immergés au milieu de nuages de poissons. C'est tout simplement fascinant ! Il y en a partout ! Je me pose sur un éperon rocheux et je profite du spectacle. Carangues et sardines nagent autour de nous, de manière parfaitement synchronisée et à peine gênées par quelques mérous bruns pas très farouches. Nous sommes seuls sur ce site et j'ai bien du mal à rejoindre la surface. Cette réserve est vraiment fabuleuse !
Après la pause de midi, nous reprenons le bateau pour une nouvelle immersion sur l'Épave Corvette Afonso Cerqueira F488. Cette fois, nous sommes 5 : 2 britaniques, 1 portugais et nous 2. Roberto, notre Dive-Master Brésilien nous fait le brief. Une des plongeuses semble un peu anxieuse et Roberto nous fait comprendre que, selon comment ça se passe, nous pourrons faire la plongée en autonomie. On se met à l'eau, un petit signe OK et nous nous enfonçons le long de la corde. À 12 mètres, nous ne sommes que tous les 2 ... Au-dessus de nos têtes, la palanquée traîne un peu, Roberto nous fait signe : nous avons le GO pour notre exploration. Nous filons à la poupe du navire. Frank me fait signe à droite, je lui fais signe à gauche et, en moins de 5 minutes nous nous retrouvons chacun de notre côté ! Pour des plongeurs autonomes, ça commence fort. On fait un reset, et on recommence notre visite là où on s'était séparés. On coule jusqu'à 30 mètres puis on remonte lentement le long des flancs du navire. On pénètre dans les salles, on ressort par les coursives extérieures, on entre dans le poste de pilotage, et on termine notre immersion par une photo souvenir sur la tourelle. Encore une superbe plongée ! À partir d'aujourd'hui je n'hésiterai plus à plonger un Vendredi 13. De retour sur le bateau, nous apprenons que la plongeuse qui semblait anxieuse a eu la « Peur du Bleu » et n'a pas pu dépasser son angoisse.
Ce soir nous allons dîner au Bistrot Jacaranda, un restau tenu par un français. L'air est doux, et nous décidons de profiter encore de l'atmosphère de Funchal. Nous retournons vers le centre et, miracle de Noël sans doute, nous trouvons des Pasteis de Nata dans une pâtisserie.
Samedi 14 Décembre
Vol Madère > Genève (17:15 - 21:55)
Nous sommes arrivés il y a une semaine sous la pluie, et c'est sous la pluie que nous quittons Funchal. Notre vol est en fin d'après-midi ce qui nous laisse encore le temps de profiter de l'île. Nous filons vers Ponta São Lourenço à l'extrême nord-est de l'île. 9 heures, nous arrivons sur un parking quasi désert. Nous prenons nos tickets (3 € / personne) pour accéder aux sentiers admirablement aménagés de la randonnée PR8.
Nous parcourons les 7 km en ... 2h30 ! Il faut dire que les raisons de s'arrêter sont nombreuses : les panoramas spectaculaires, les belvédères vertigineux, les roches volcaniques qui façonnent ces paysages bruts. Nous sommes au coeur d'un décor aride où la pierre rouge semble plonger dans un océan émeraude. C'est sauvage, c'est primitif ... bref, c'est beau tout simplement.
La pointe la plus orientale de l'île est un must pour quiconque souhaite explorer les charmes de la côte est de Madère. Ponta de São Lourenço offre un paysage unique et impressionnant, avec des vues panoramiques sur les côtés nord et sud de l'île.
En raison du climat semi-aride de cette région, ainsi que de son exposition aux vents du nord, la végétation est pauvre, sans arbres.
Ce lieu est classé réserve naturelle partielle. On y trouve plusieurs plantes rares et une faune diversifiée, dont plusieurs oiseaux marins protégés comme le puffin cendré ou le pétrel de Bulwer. Avec un peu de chance, on peut même apercevoir des phoques moines.
La meilleure façon de découvrir la richesse naturelle et paysagère de cette péninsule est d'emprunter la Vereda da Ponta de São Lourenço (PR8), un sentier de six kilomètres aller-retour.
Fin de matinée, je ne pense qu'au moment où je vais pouvoir reposer mes pieds. De méchantes ampoules se sont formées à peine soulagées par les tickets d'entrée que j'ai transformés en pansements de fortune. Nous prenons donc la voiture et partons à la recherche d'un restaurant.
C'est un Caniçal que nous trouvons notre bonheur. Le Restaurant Leone est exactement le type d'endroit que nous apprécions quand nous voyageons. Une cantine pour ouvriers, avec des plats locaux et généreux. Nous prenons place et nous laissons tenter par une salade de poulpes pour Frank et les fameuses brochettes de viande pour moi, qui sont la spécialité de Madère (Espetada). Bien-sûr, nous n'oublions pas l'incontournable Bolo Do Caco qui aura accompagné tous nos repas. Il s’agit d’un pain à la farine de patate douce, ouvert, poêlé et tartiné de beurre persillé à l’ail. (Pour moi, c'est la seule manière de pouvoir manger de la patate douce). Compte tenu des portions, nous zappons le dessert (prix de l'addition : 32 € !)
Avant de rendre définitivement notre Fiat 500, nous faisons un détour par le Pico do Facho (et non des fachos !). De là-haut, nous voyons au large la Pointe de São Lourenço arrosée par la pluie, et nous dominons l'aéroport (et sa piste réduite) qui surplombe l'océan. Nous restons là un moment à observer l'atterrissage des avions, qui est une des attractions de l'île. Cette fois, il faut partir. Le plein d'essence, et quelques agacements pour trouver l'entrée du parking plus tard, nous rendons notre pot de yaourt.
Il faut maintenant patienter et croiser les doigts pour que notre vol décolle. En effet, le commandant de bord nous annonce attendre un créneau avec des vents favorables. En août les avions sont restés cloués au sol pendant une semaine et le samedi suivant notre retour tous les décollages ont été annulés et reportés au lendemain. Heureusement pour nous, malgré une bonne heure de retard, nous rejoignons Genève sans encombre ou presque. Pendant le voyage, un type s'est fait choper en train de fumer dans les toilettes !
Mon Bilan :
Nous rentrons enchantés par l'île au printemps éternel. Les paysages sont variés d'un bout à l'autre de l'île donnant l'impression de voyager dans différents pays. Ce que nous avons retenu de notre séjour :
- La nature à l'état brut, où se mêlent falaises rouges ou noires qui plongent dans un océan dont les couleurs varient du bleu à l'émeraude.
- Les petits villages de pêcheurs parcourus par de jolies ruelles qui bordent des maisons d'une blancheur éclatante,
- Les belvédères qui vous donnent le vertige,
- La capitale parée de ses couleurs de Noël, avec ses crèches et ses décorations étincelantes,
- La douce discrétion des Madériens, leur accueil chaleureux et l'art de toujours nous placer quelques mots de français,
- Les routes raides, très raides ... qui sont un vrai sujet de conversation pour ceux qui louent une voiture,
- Les températures agréables en plein mois de décembre,
- La météo qui change d'une côte à l'autre, d'un tunnel à l'autre, d'une minute à l'autre !
- Les plongées au milieu des nuages de poissons et sur la fameuse épave Corvette Afonso Cerqueira qui nous a donné envie de venir ici.
Budget du Voyage :
Poste de Dépense
Budget Prévu
Observations
Vol Easy-Jet
211,50 €
aller : 13h55 - 16h45 / retour : 17h15 - 21h55 - avec grand bagage à main
Location de voiture
137,07 €
Fiat 500 Cabrio pour 7 jours
Hôtel Porto Bay Serra Golf
130 €
1 nuit en petit déjeuner
Socalco Nature Calheta
333 €
2 nuits petit déjeuner
Quinta Da Penha De Franca
556 €
4 nuits en petit déjeuner
Plongées
458 € + 184 € (entrées réserve + équipemen)
6 plongées avec équipement
Total Budget :
2 009,57 €
Transports + Hébergements + Plongées pour 2 personnes - 8 jours
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